Euro 2012, état des lieux

A deux jours du début du 14ème Championnat d’Europe, le vieux continent est en ébullition. Les matchs amicaux se succèdent, les équipes se forment, les blessés s’amoncellent… Nous pouvons humer l’herbe fraîchement coupée, les chaussures cirées, apercevoir les crampons affutés. Tout cela sent bon le  football. Certes, il n’y a pas le même engouement pour cette compétition que lors d’une Coupe du Monde où les médias de la planète entière ont les yeux rivés sur le pays d’accueil. Mais cela n’ôte d’aucune façon l’intérêt et la qualité de l’Euro. A 48 heures du match d’ouverture, il est temps de dresser un bref état des lieux des principales nations représentées lors de cet Euro 2012.

FRANCE

Commençons par ce qui stimule l’intérêt des supporters de notre pays, l’équipe de France. Laurent Blanc semble avoir trouvé son équipe type pour débuter face à l’Angleterre lundi prochain. A défaut d’un grand collectif et d’excellentes individualités, les Bleus ont trouvé une cohésion et ont été quasiment épargné de blessures sérieuses et handicapantes. A cela s’ajoute un miracle. Nous avons l’impression que l’ensemble des joueurs a un but et objectif commun, celui de faire le meilleur Euro possible, en y intégrant une réelle volonté visible dans leur engagement sur le terrain, à l’image d’un Franck Ribéry. Par ailleurs, aucune sinistre affaire n’a pour l’instant défrayé la chronique, pourvu que ça dure.

ESPAGNE

Depuis quelques jours, nous entendons les complaintes du royaume de Castille. Nos joueurs sont fatigués, nos meilleurs éléments sont blessés, nous ne sommes plus invincibles. La Roja avancerait-elle tapie dans l’ombre ? Combien de temps durera cette mascarade ? Je veux bien que l’optimisme espagnol ne soit pas au beau fixe en cette période de crise mais il faut être totalement dépourvu d’yeux et de bon sens pour ne pas en faire une nouvelle fois le grandissime favori. Il est vrai que les Xavi, Iniesta, Piqué et consorts paraissaient fatigués lors de la clôture du championnat. Toutefois, comme nous avons pu le constater lors des matchs amicaux aux scores trompeurs, l’Espagne joue bien et de mieux en mieux. Que dire d’ailleurs de sa pléiade de stars issues des plus grands clubs du monde allant jusqu’à contraindre Vicente Del Bosque de laisser un joueur tel que Juan Mata sur le banc… Nous aurions pu effectivement nous dire que les absences de David Villa et Carles Puyol allaient être préjudiciables. Vu l’effectif restant, il n’en est rien. Aujourd’hui, l’Espagne n’a pas une mais deux équipes de titulaires potentiels à la différence de 2008 et 2010. A elle maintenant d’en tirer le meilleur profit.

ITALIE

La Botte connaît une nouvelle fois un scandale qui la secoue de haut en bas, l’affaire calcioscommesse. Et cela arrive comme toujours au pire moment. Les joueurs ont été giflés en pleine préparation. Criscito exclu du groupe, un match amical annulé, un autre perdu 3-0, la squadra azzura semble perdre pied. Prandelli a même murmuré la possibilité de ne pas prendre part à la compétition, corrigé immédiatement par ses supérieurs politiques. Pourtant, l’Italie avait tout pour réussir diront certains. Ses derniers matchs restent convaincants. Ils ont réalisé une campagne de qualification prometteuse. Prandelli hérite de joueurs ayant effectué une excellente saison tel que Pirlo ou Di Natale. Reste maintenant à passer outre ce qui pourrait être le plus grand scandale du football italien après Calciopoli. Néanmoins, les italiens peuvent se rattacher à l’ultime espoir composant la force de cette équipe compétitions après compétitions : n’être jamais favori mais toujours parvenir à surclasser ses adversaires.

ANGLETERRE

En cette période, british rime avec blessé. Heureusement que l’Euro débute et que les amicaux se terminent car les Three Lions n’auraient bientôt plus eu la possibilité d’aligner un 11 convenable. Barry, Lampard, Cahill, plus les jours avancent, plus la liste de l’infirmerie s’allonge. Malgré ces difficultés, l’Angleterre reste encore et toujours une belle et grande nation du football. Problème, elle n’a rien gagné depuis 1966… Années après années, l’Angleterre prétend au titre suprême mais échoue à chaque fois. En outre, le sort semble s’acharner sur elle à chaque compétition, cf Allemagne – Angleterre 2010. Comme toujours, l’Angleterre présente une équipe attrayante sur le papier même si la présence de 8 joueurs de Liverpool (8ème du dernier championnat) dans l’effectif fait grincer des dents outre-manche. Une nouvelle fois, l’Angleterre a son destin entre ses mains. C’est maintenant que le plus dur commence…

ALLEMAGNE

La Nationalmannschaft est parée pour l’évènement. Dotée de son armée munichoise finaliste de la Ligue des Champions, l’équipe d’Allemagne fait figure de favorite dans la fameuse poule de la mort (Pays-Bas, Portugal, Danemark). Équipe joueuse, sympathique, autant de qualificatifs qui décrivent l’Allemagne comme une nation de football agréable à suivre. Seulement l’amabilité ne permet pas de cumuler les trophées. Les allemands devront donc se montrer plus agressifs s’ils veulent aller loin dans cette compétition. Ils en ont largement les armes et les moyens. Le niveau actuel de l’équipe de Joachim Löw est très élevé. Des joueurs issus des plus grands clubs composent l’équipe (Bayern, Real Madrid, Dortmund…). L’Allemagne est sûre de sa force physique et collective, peut-être moins de sa force mentale. A suivre…

PORTUGAL

C’est l’énigme de cet Euro. Bien que l’équipe lusitanienne soit composée de plusieurs talents, certains postes sont vacants et non des moindres. Le poste de numéro 9 à l’abandon depuis Pedro Pauleta, ce n’est pas Almeida qui changera la donne. A l’exception de Meireles et Moutinho, le milieu de terrain portugais se cherche encore. Et Paulo Bento ne peut se permettre de compter uniquement sur Cristiano Ronaldo qui est surveillé et marqué de près par tous ses adversaires. L’attaquant du Real Madrid est très souvent muselé par 2 ou 3 défenseurs lors de ses rencontres internationales. Le problème des portugais est de ne pas profiter de l’impact de Ronaldo sur les défenses adverses. Les espaces créés par le Ballon d’Or 2008 ne sont pas exploités par ses partenaires tels que Nani ou Quaresma. Le Portugal doit parvenir à trouver une entente collective qui lui permettra de mettre en exergue le talent individuel de ses stars. Si Paulo Bento résout cette équation, le Portugal peut aller loin, très loin.

PAYS-BAS

Éternel favori et éternel perdant, les Pays-Bas seront attendus lors de cet Euro. A une marche du titre suprême il y a deux ans, les coéquipiers de Robin Van Persie devront lutter pour sortir de leur poule. L’équipe semble prête même si elle s’est avérée peu convaincante lors des matchs amicaux. Avec des talents tels que Van der Vaart, Sneijder ou encore Robben, les Oranje ne peuvent se cacher. Seule la défense inquiète les supporters néerlandais et le sélectionneur Bert van Marwijk. La puissance offensive de feu des hollandais devrait faire des ravages dans bien des défenses. La plupart de ses titulaires sortent d’une saison réussie avec leur club. C’est peut-être enfin l’année des Pays-Bas.

Comme toujours à l’orée d’une compétition internationale, les incertitudes nourrissent nos réflexions. Plus que jamais, la glorieuse incertitude du sport se fait ressentir. C’est ce que nous aimons et ce qui constitue l’essence du football. Espagne, Italie, France, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Portugal et pourquoi pas une surprise… Nous voici à l’aube de trois semaines de  football total !

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