Et c’est tant mieux. Car on ne sait pas ce qui aurait pu subvenir encore si l’Equipe de France avait poursuivi la compétition tant la situation se dégradait. De toute façon, le scénario était écrit et seuls quelques illuminés pouvaient imaginer le contraire. En l’état actuel des choses, comment pouvions-nous penser une seule seconde battre la meilleure équipe du monde ? Finalement, tout est rentré dans l’ordre et les Bleus vont rentrer chez eux.
Que dire sur le match ? Bien peu de choses tant l’Espagne a été supérieure même si la France a eu un infime sursaut en début de seconde mi-temps. Casillas n’a pas tremblé une seule seconde. Sergios Ramos s’est régalé, en témoigne le duel où il a fait valser Ribéry tel un fétu de paille. Xabi Alonso a marqué deux buts, pas mal pour un milieu défensif. Jordi Alba et Iniesta se sont joués du pseudo renforcement défensif tenté par Laurent Blanc en alignant Debuchy et Réveillère à droite. Au fait, Jordi Alba, vous savez celui qui est remplaçant derrière Jérémy Mathieu au FC Valence… Fabregas qui s’est amusé avec la défense française. Benzema qui a confirmé hier qu’il avait définitivement raté son Euro. Bref, l’Espagne qui a surclassé la France, une situation quoi de plus normale en football.
Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est la façon dont l’Espagne a géré sa rencontre. La motivation de l’Equipe de France pour jouer ce match était absente. Pourquoi ? Encore un de ces nombreux mystères français. Le manque d’intensité tricolore a offert le luxe aux espagnols de s’amuser tranquillement et d’accélérer quand ils le souhaitaient pour marquer. En effet, pourquoi se fatiguer inutilement quand l’opposition fleurte avec le néant.
A cela s’ajoutent les réactions d’après-match qui étaient assez horripilantes. Les joueurs se sont succédés pour nous expliquer qu’ils avaient fait un bon Euro, que les quarts de finale, c’était suffisant étant donné que c’était l’objectif. Tout était résumé dans ces déclarations : manque d’ambition, de volonté et de pugnacité. Un mal récurrent chez les Bleus. Nous passerons sur l’épisode Nasri qui a définitivement prouvé sa stupidité et sa bêtise aux yeux de tous en insultant de nouveau avec violence un journaliste de l’AFP. Footosphère avait déjà donné son opinion sur le sujet dans un précédent édito à l’époque de la première affaire (L’irrespect, un mal français).
Revenons à l’Euro 2012 en lui-même. La compétition n’avait pas si mal débuté avec l’Angleterre et l’Ukraine. Les joueurs de Laurent Blanc n’avaient certes pas été flamboyants mais avaient réussi leurs matchs. Une vague d’optimisme voire d’utopisme s’était alors emparée de l’opinion française, bien vite balayée par la déroute suédoise. S’imaginant déjà au sommet, les joueurs ont fait preuve de suffisance et ont été écrasés par Zlatan Ibrahimovic et ses coéquipiers. Ils se sont alors effondrés mentalement. Ils n’ont été capables d’aucun sursaut, d’aucune force mentale pour inverser la tendance. La force mentale, problème majeur du sport français.
Et maintenant, que faire ? Laurent Blanc doit rencontrer le président de la FFF dans les prochains jours pour évoquer son avenir. A quoi bon se séparer de lui aujourd’hui ? A son crédit, il a commencé à établir un renouveau qui mérite d’être poursuivi. Tout ne fut pas parfait, loin de là, mais le mal est tellement profond qu’il est d’une difficulté extrême à soigner. Si le sélectionneur devait changer, il faudrait de nouveau repartir de zéro mais avec cette fois un vrai changement structurel. L’arrivée d’un sélectionneur étranger à la tête des Bleus en serait un. S’il est confirmé, Laurent Blanc devra aussi trancher une bonne fois pour toutes sur les différents cas qui bouleversent régulièrement la sérénité de l’Equipe de France. Il doit cessez de ménager les uns et les autres en essayant de leur trouver des circonstances atténuantes. Il est grand temps de dire définitivement adieu à tous ces faiseurs de troubles qui pourrissent l’Equipe de France. Il doit construire une ossature saine qui sera peut être moins talentueuse, et encore ce n’est pas dit, mais sur qui l’on pourra compter avec certitudes.
Je constate qu’en 2012, la page Afrique du Sud est loin d’être refermée. Les difficultés structurelles du football français sont une nouvelle fois mises en lumière. Les Bleus ont maintenant deux ans devant eux pour préparer la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Ces deux années ne seront sûrement pas suffisantes pour bénéficier d’une équipe compétitive quand on s’intéresse à ce que certaines nations voisines telles l’Allemagne et l’Espagne ont mis en place et le temps que cela leur a pris. La seule chose que l’on demande si l’on doit être éliminé en 2014 ou avant, c’est de sortir pour une fois avec les honneurs.